Avant même d’avoir rejoint le camp de la Courtine, mon camarade et moi ressentions déjà une légère appréhension quand au tir
d’exercice qui nous attendait. Me concernant, je n’en suis pas à mon premier missile mais pour mon camarade, c’était la totale découverte.
Arrivés au camp dans la soirée, nous déchargeons les véhicules telle une fourmilière bien rodée et nous nous installons ensuite dans nos
chambrées. Le début du séjour est consacré à divers amphis sur la future projection, aux préparatifs administratifs et tout ce qui est de bon usage à savoir (Mission, Coutumes
de vie en Afrique et les diverses maladies propices au climat.)
Le côté ‘petit écolier’ passé, nous retrouvons nos tenues guérillas et notre VAB Milan pour aller sur le terrain. Les premières heures sont assez laborieuses et nous faisons plusieurs fois le
tour du camp pour trouver une ‘position’ adaptée à notre spécialité. (Les chemins sont peu nombreux et la forêt très dense). Ce problème enfin résolu, nous pouvons commencer
l’entraînement…
Toute la semaine, de jour comme de nuit, les jours se ressemblent. Nous partons en groupe, sur notre fameuse position pour enchaîner les ‘coups
de DX’ (le DX143 est un simulateur branché au poste de tir permettant les tirs fictifs sur des cibles fixes ou mobiles). La pression n’est pas encore là et les séances se déroulent plutôt bien
avec de bonnes poursuites ! Quand le programme le permet, nous passons quelques heures en fin de soirée pour faire de la détection (à l’aide des lunettes thermiques de type MIRA), sur des
infiltrations de tireurs de précision (Les TP sauront progresser finement mais n’échapperons pas à notre œil vigilant… !).
La veille du tir, un dimanche, la journée est propice au repos. On revoit une dernière fois les mesures de sécurité avec notre chef de groupe et on s’adonne à des scénarios catastrophes
improbables en guise de faire passer le temps. Tout le monde rigole bien, l’ambiance est très détendue au sein de la section mais l’est un peu moins pour nous. Mine de rien, on est à
J-1 !
Le jour J, le réveil est très matinal. Un sourire au coin des lèvres, les confessions vont bon train et on se concentre mutuellement.
Notre chef de groupe peut entendre notre conversation discrète et nous dit que nous sommes prêt pour ces tirs. Pour avoir déjà tiré des missiles, je n’avais pas l’appréhension du ‘coup de feu’,
chose qui semblait inquiéter mon camarade ! On effectue ensuite le parage du VAB et partons dans la foulée sur le pas de tir effectuer les contrôles des postes et des munitions. Nous serons
les premiers à tirer, suivis de la 3° Cie et de la CEA.
13h30, Heure H : On remarque l’arrivé de plusieurs sections de notre compagnie pour assister à cette série de tirs. A ce moment même,
nous prenons conscience que nous sommes les acteurs principaux de cette spécialité qui amène tant de curiosité et d’envie. Concentrés comme jamais, le spectacle peut enfin commencer !
On embarque dans le VAB. Le moteur en marche, on souffle un bon coup et les regards se croisent en guise d’encouragement. Notre chef de groupe
donne l’ordre de débarquer et là, tout va très vite. Ambiance combat, le cœur à 300 et sous une bonne averse de grêles, nous nous mettons en position derrière nos postes de tir, bien décidés à
montrer le potentiel du groupe Milan de la 1ére ! Cet exercice n’a rien d’un challenge ‘inter bataillon’ mais l’envie d’être les meilleurs est bien là !
La cible apparaît une première fois et les comptes rendu fusent. J’ouvre le feu et guide mon missile au cœur de l’objectif à 1400 mètres. La
cible réapparaît et le deuxième tireur en fait autant !
S’en suit le décrochage. On retourne au VAB, ambiance rapide, avec la même concentration. Les portes fermées, l’exercice terminé, on peut
souffler ! Une poignée de mains pour se féliciter et déjà on pense au prochain…
La journée fut 'au poil' mais sans relâchement. On rejoint le reste de la section en fin de journée pour un exercice de 3 jours avec du rens, du
combat loc. et un final digne de 'band of brothers !' :
Une évacuation d' ONG dans un village fictif ou des rebelles font leur guerre civile.
Fin du séjour, la Cie reprend le chemin inverse direction Bourg St maurice pour de nouvelles aventures...
A suivre...